
Forêt en commun : présentation publique du projet
Rendez-vous était donné le 12 décembre au Vivier, le tiers-lieu d’Aubais, pour la première présentation publique du projet « Contre les incendies : la forêt d’Aubais en commun ».
Les bases du projet ont été pensées au cours des derniers mois par le collectif d’organisations locales qui le porte et qui s’est constitué à la faveur de l’appel à communs du Département du Gard au printemps, mais l’objectif de l’événement était d’ouvrir la réflexion à l’ensemble des habitants et associations du village et d’inviter celles et ceux qui le souhaitent à rejoindre la dynamique.
Pour introduire les échanges, Irwina Marchal a présenté les grandes lignes du projet : la forêt est un commun qui bénéficie à toutes et tous mais elle est aujourd’hui abandonnée en raison de la déprise agricole et menacée par la hausse du risque d’incendie. Au-delà des chantiers citoyens organisés depuis plusieurs mois, le projet vise également à renforcer l’entretien des bois et chemins à l’aide de chantiers d’insertion, à restaurer des capitelles et murettes en pierres sèches, à étudier la biodiversité pour mieux la protéger et à produire des outils d’information.
Par ailleurs, le projet souhaite aussi penser une gestion collective de la forêt, avec l’ensemble des propriétaires et usagers des bois, dans le but de se rapprocher de la notion de « commun ». Celle-ci n’est pas nouvelle et était pratiquée dès le Moyen-Âge à Aubais, période à laquelle de nombreux biens et espaces étaient gérés collectivement par la « communauté » des habitants (les terres communales, le moulin à huile, le four à pain…), comme en a témoigné François Lavergne lors de la visite dédiée qu’il a organisée quelques mois plus tôt.
Les représentants des différentes organisations co-porteuses ont également pris la parole pour dire quelques mots de leur implication :
- Laurent Tortosa pour la mairie d’Aubais qui a réitéré le soutien de la commune ;
- Christian Mercier pour Les Survoltés qui a insisté sur l’importance de faire des choses ensemble malgré nos inévitables différences de points de vue ;
- Pierre Martin-Gousset pour la Collectif d’Intérêt Local qui a loué la dimension conviviale de ce type d’initiative ;
- Stephan Jannez pour le centre socio-culturel Calade qui a souligné la fierté retrouvée par les participants aux chantiers d’insertion ;
- Valérie Marchal qui a rappelé le fait que le projet s’inscrivait dans la continuité des objectifs poursuivis par son installation avec des chèvres sur la commune en 2018.
Barbara Blin Barrois et Justine Loizeau de La Coop des communs étaient également présentes et ont partagé leur intention de documenter cette initiative naissante, qui fait échos à de nombreux autres projets similaires portés à divers endroits en France.
La présentation a par ailleurs été complété par l’exemple inspirant de l’Union Langladoise de Protection Incendie (ULPI), une association citoyenne créée il y a plus de quarante ans dans la commune voisine de Langlade pour lutter contre le risque d’incendie et qui a notamment réalisé au cours des dernières années, à l’aide de chantiers citoyens, un large coupe-feu autour du village.
Les échanges ont ensuite essentiellement porté sur la manière d’allier à la fois les enjeux de protection incendie d’une part, qui impliquent de réduire la végétation, et de préservation de la biodiversité d’autre part, qui nécessitent de préserver les habitats : une « troisième voie » que le projet entend bien explorer en s’appuyant notamment sur les recommandations du Conservatoire d’Espaces Naturels d’Occitanie.
En définitive, l’événement a réuni une soixantaine de personnes : des participants assidus des chantiers citoyens, mais aussi des nouvelles personnes intéressées par le sujet — une communauté naissante qu’il s’agit désormais de continuer à faire vivre !